Le Casino de Montréal vit des temps tumultueux, en proie à une grève général illimitée qui s'est déclenchée le 23 juin 2023. La situation s'est intensifiée, et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a décidé de porter des accusations sérieuses contre la direction de l'établissement. Récemment, dans une plainte soumise au Tribunal administratif du travail (TAT), la CSN a affirmé que la Société des casinos, par son biais, recourt à des briseurs de grève pour effectuer des tâches de sécurité. Une telle pratique pourrait être en violation directe du Code du travail, soulignant ainsi les tensions qui règnent actuellement dans le secteur.
Cette affaire soulève de nombreuses inquiétudes quant à la légalité des agissements de Loto-Québec, la société mère du Casino de Montréal. Selon des documents confidentiels révélés par La Presse, sept employés seraient impliqués dans cette controverse. Fait alarmant, six de ces employés ne sont pas syndiqués, tandis qu'un autre est un cadre embauché au cours de la grève, ce qui va à l'encontre des dispositions établies par le droit du travail.
Le syndicat des agents de sécurité du Casino de Montréal-CSN, représentant environ 82 membres, demande instamment une ordonnance du TAT pour faire cesser l'utilisation de briseurs de grève dans les rôles de sécurité. Caroline Senneville, présidente de la CSN, a déclaré : « Cette plainte est sans précédent, car elle vise une société d'État. Il est crucial que l'on respecte les lois du travail, d'autant plus dans un contexte aussi délicat. »
Actuellement, environ 1100 employés sont en grève, ce qui représente une grande majorité du personnel syndiqué au Casino de Montréal. En réponse à cette situation, la direction a dû réduire ses heures d'ouverture, ne fonctionnant que de 14h à 22h, et a suspendu plusieurs services à cause du manque de personnel en grève.
Une affaire aux répercussions sérieuses
La plainte déposée par la CSN contient de graves allégations, notamment que des agents de sécurité, embauchés dans des conditions non conformes, ont été aperçus en train d'accomplir des missions de surveillance, allant même jusqu'à conduire des véhicules de sécurité. Selon la CSN, ces actions remettent en question l’intégrité des opérations du Casino et prolongent indubitablement le conflit social qui le secoue.
M. Dugas, le porte-parole de Loto-Québec, a contre-attaqué ces accusations, affirmant que l'entreprise « respecte rigoureusement le Code du travail » et a évité d'avoir recours à des briseurs de grève. Il a également souligné que Loto-Québec a su maintenir les opérations des casinos malgré la grève, en minimisant l'impact sur les clients.
Les racines du conflit et les demandes des employés
Le conflit qui oppose les employés à la direction du Casino de Montréal est principalement axé sur des questions salariales. Le syndicat demande une augmentation des salaires qui reflète l'augmentation du coût de la vie, y compris une demande spécifique d'un dollar supplémentaire par heure. Les responsables de Loto-Québec, quant à eux, affirment que d’autres conventions collectives ont été renouvelées avec succès, insinuant que des solutions pourraient exister pour résoudre cette impasse.
Des visites d’enquêteurs du ministère du Travail ont eu lieu pour examiner cette situation au Casino, bien que les résultats de ces enquêtes n’aient pas encore été publiés. Une audience devant le TAT est prévue pour le 31 octobre afin d’examiner ces allégations plus en profondeur. En attendant, les employés restent sur le pied de guerre, continuant à faire entendre leur mécontentement à travers des manifestations et des actions de visibilité.
Un environnement de travail en pleine tourmente
Cette conjoncture difficile soulève des questions cruciales sur les pratiques de gestion durant les grèves, particulièrement dans une institution d'État. L’utilisation de briseurs de grève est souvent perçue comme une stratégie pour pallier le manque de main-d'œuvre au cours d’un conflit social, mais cela peut également exacerber les tensions entre les différentes parties impliquées.
Des manifestations ont récemment eu lieu devant les bureaux de Gexel, un fournisseur de services qui avait un contrat avec Loto-Québec avant le début de la grève. Cela démontre que les travailleurs restent vigilants face à toute tentative de remplacement de leurs services par des tiers.
Les tensions demeurent élevées, et les réactions des salariés indiquent clairement que la situation pourrait rapidement se détériorer si les préoccupations ne sont pas prises en compte. Un analyste en relations de travail a averti : « Si des travailleurs non syndiqués continuent à réaliser les tâches des syndiqués, cela prolongera inévitablement le conflit, créant un cercle vicieux. »
Vers une issue incertaine
Le Casino de Montréal se retrouve à un carrefour décisif. Les allégations portées par la CSN, si elles s'avèrent fondées, pourraient avoir des répercussions profondes sur la gestion des conflits de travail dans le secteur public. Les dirigeants de Loto-Québec et du Casino doivent adopter une approche prudente pour éviter d'aggraver une situation déjà tendue.
La société d'État doit également rester consciente des implications juridiques et de l'opinion publique face aux allégations dont elle est l'objet. Dans un contexte où la transparence et le respect des droits des travailleurs sont plus que jamais scrutés, la manière dont cette affaire sera gérée pourrait bien marquer un tournant significatif dans les relations de travail au sein des établissements de jeux de la province.