Adaptation du livre d’enquête «Casino : Love and Honor in Las Vegas» de l’écrivain journaliste Nicholas Pileggi, le film «Casino» réalisé par Martin Scorsese, sorti en 1995, met en vedette Joe Pesci dans le rôle d'un personnage qui est une représentation d’un gangster infâme, connu pour son utilisation brutale de la violence et son impitoyable quête de pouvoir. Ce film emblématique offre un aperçu intense et captivant de la vie tumultueuse et trépidante des jeux d’argent à Las Vegas, plongeant les spectateurs dans les profondeurs du crime organisé au cœur de la ville des lumières.
Ce dernier peut rapidement compter sur son bras droit, un homme aux tendances extrêmement dangereuses et violentes, Nicky Santoro, qui est chargé non seulement d’assurer sa sécurité, mais aussi de recouvrer des sommes d’argent auprès de ceux qui ne respectent pas les règles du jeu, n'hésitant jamais à employer des méthodes d'une brutalité inouïe.
Ce personnage intense, incarné par Joe Pesci, est décrit dans le film comme un psychopathe sans scrupules, inspiré d’un véritable gangster notoire nommé Tony Spilotro. Ce dernier, surnommé «The Ant», en raison de sa petite stature (mesurant à peine 1,65 mètres), était un acteur clé dans le chaos de la mafia à Chicago. Tony Spilotro, né le 19 mai 1938 à Chicago, a terrorisé les réseaux criminels par ses méthodes de torture et son caractère impitoyable, laissant une empreinte indélébile sur l’histoire du crime organisé à Las Vegas. Son histoire est celle du pouvoir, de la violence et des conséquences tragiques que cela entraîne.
Les débuts à Chicago
Tony Spilotro, quatrième enfant d'une fratrie de six, naît de l’union d'Antoinette et Pasquale Spilotro, émigrés italiens qui ont ouvert un restaurant au cœur de Chicago. Malgré l'apparence tranquille du restaurant familial, il est rapidement évident que des éléments criminels y transigent. À l'âge de 17 ans, Tony subit de plein fouet la perte de son père, décédé d’un anévrisme cérébral, ce qui va le marquer profondément.
Reconnu pour sa nature bagarreuse, il abandonne le lycée et se tourne vers le crime. De très bonne réputation auprès des gangs locaux, il commence à se faire un nom au sein de la mafia de Chicago, connue sous le nom de «l’Outfit». Ses activités criminelles se sont intensifiées alors qu'il est impliqué dans des vols et des détournements de camions. À 21 ans, il a déjà plusieurs arrestations à son actif, dont une pour suspicion de meurtre, et se marie avec Nancy Stuart, une serveuse qui travaille dans l’entourage de la mafia.
C'est à ce moment-là qu'il attire l'attention de Sam ‘Mad Dog’ DeStefano, un usurier particulièrement sanguinaire, qui voit en Tony un protégé idéal. Nouvellement engagé comme encaisseur, Tony se révèle particulièrement efficace et terrifiant. Déjà noté pour sa violence, il devient l'auteur d'exécutions brutales, se faisant un nom au sein de l'Outfit.
Le tournant de sa carrière criminelle survient lorsqu'il est chargé d'éliminer deux hommes de main connus sous le nom de «M&M Boys», Billy McCarthy et Jimmy Miraglia. Tony ne fait preuve d’aucune pitié dans ses méthodes, torturant McCarthy de manière sadique afin d’obtenir des informations sur son complice. Les deux hommes sont retrouvés égorgés, un acte de brutalité qui suscite à la fois crainte et respect au sein du milieu criminel.
Les meurtres s'accumulent, et les exploits sanguinaires de Tony attirent l'attention à la fois de l'Outfit et des agents fédéraux, qui voient en lui une menace grandissante.
Le départ pour Las Vegas
Appelé par la mafia de Chicago à Las Vegas, Tony Spilotro se voit confier la responsabilité des paris clandestins, un rôle crucial qui lui permet de s'installer confortablement dans une ville où le crime organisé est en plein essor. Cependant, il ne peut résister à la tentation d'exercer son pouvoir. Lorsqu’il apprend que DeStefano a été renvoyé, il ne peut s’empêcher d'agir. Un plan machiavélique commence à se dessiner, et une fois qu'il a attiré un agent immobilier dans une partie de poker, il le torture avec une brutalité inouïe.
La manière dont il inflige sa vengeance à Foreman fait la une des journaux. En effet, ce crime épouvantable le propulse dans l'actualité, et son nom devient familier. Pour échapper à la pression de la police, il se rend à Miami, où il croise Frank Rosenthal, un homme qui sera un acteur clé dans sa carrière future.
À son retour à Chicago, il prend les rênes d’un réseau illégal de bookmakers, tout en continuant à perpétrer des assassinats. Les forces de l'ordre ne cessent d’augmenter leur pression sur lui, mais Tony sait comment jouer avec les lois pour échapper à la justice, jusqu'à ce qu’il finisse par se retrouver à Las Vegas, de nouveau sous le radar de l'Outfit.
La période «Casino»
C’est à Las Vegas, en 1971, que Tony Spilotro se révèle pleinement. En tant qu'associé de Frank Rosenthal, il occupe une place essentielle dans les casinos contrôlés par la mafia, tels que le Stardust et le Fremont. Sa réputation de gangster dominateur et craint se renforce alors qu'il exerce son autorité avec des méthodes violentes, devenant le personnage central de la ville où le luxe côtoie le crime.
La situation devient de plus en plus chaotique, et le FBI commence à prendre note de sa montée en puissance. En 1972, il est inculpé pour le meurtre de Leo Foreman, mais parvient à prouver son innocence lorsque le principal témoin est abattu avant le procès. Cependant, la violence ne cesse de croître, et la presse s'en fait l'écho, provoquant des inquiétudes croissantes au sein des autorités locales concernant la montée de la criminalité à Las Vegas.
Les tensions montent encore lorsque Tony commence à se tourner vers des affaires personnelles, au lieu de se concentrer sur le bénéfice de sa famille criminelle. Sa décision d'éliminer un ancien associé en 1979 marque le début de sa chute. La mafia commence à le considérer comme une menace, et cela précède des événements tragiques.
La dernière parade
Alors que les autorités peinent à établir un lien direct entre Tony Spilotro et ses crimes, les dirigeants de l'Outfit voient son comportement devenir trop imprudent. Placé sur la liste noire de la Commission des jeux d'argent du Nevada, il se retrouve empêché de fréquenter les casinos, ce qui limite considérablement son influence et ses opérations. Une situation insupportable pour un homme de son envergure.
De plus, sa liaison avec Geri McKee, l’épouse de Frank Rosenthal, est une trahison inacceptable aux yeux de la mafia. Malgré les dénégations de son ami d’enfance Frank Culotta, la pression monte contre lui. En 1981, son gang de braqueurs, surnommé les «Trou dans le mur», est arrêté, mais Tony parvient à se soustraire à la justice. La menace devient réelle lorsque son propre bras droit, convaincu qu’il veut le faire tomber, décide de témoigner contre lui.
Lors de son procès en janvier 1983, Tony est acquitté, mais le spectre de la corruption plane au-dessus de lui. Dix ans plus tard, il sera révélé que le juge était compromis, mais à ce moment-là, Tony bénéficie encore d'une certaine impunité.
Exécution
Le 14 juin 1986, Tony et son frère Michael sont appelés à une réunion avec les parrains de l'Outfit pour une opération de passage à l’âge adulte pour Michael. Cependant, Tony ressent une tension insupportable et sait que leur vie est en danger. Avant de s'y rendre, Michael a même mis en garde sa femme que s'il n'était pas de retour, cela signifierait qu'ils avaient été tués.
Neuf jours plus tard, leurs corps sont retrouvés dans un champ de maïs de l’Indiana, méconnaissables. L’indication de la brutalité de leur exécution est accablante ; ils ont été battus et asphyxiés, leurs corps présentant de multiples fractures. La mafia a fait d'eux un exemple qui marquera à jamais le monde du crime organisé.
Les événements tragiques qui ont conduit à leur exécution révèlent les ramifications sombres d'une vie de crime, et l’héritage de Tony Spilotro continue de hanter l’histoire de Las Vegas. Sa vie, marquée par des actes de violence inouïs, reste un témoin amer de la lutte incessante pour le pouvoir au sein de la mafia, où chaque décision peut signifier la vie ou la mort.