Réguler le marché illégal des casinos en ligne : un impact socio-économique positif
Le marché illégal des casinos en ligne est en pleine expansion en France, avec un nombre de joueurs équivalent voire supérieur au marché légal des jeux d’argent et de hasard en ligne, et un produit brut du jeu en forte croissance. Cette situation inacceptable nuit en premier lieu aux joueurs français, qui sont exposés à une offre non contrôlée, souvent très addictive et potentiellement nuisible à leur bien-être. Les opérateurs légaux se trouvent également désavantagés par une concurrence déloyale engendrée par une offre illégale qui contourne les régulations nécessaires à la protection des consommateurs. En conséquence, l'Etat subit un manque à gagner significatif en matière de recettes fiscales et sociales, aggravant ainsi la situation économique générale.
En effet, la situation française fait figure d’exception dans le paysage européen, où presque tous les pays, à l’exception de Chypre, ont pris des mesures pour réguler l’activité des jeux de casinos en ligne. La France, à l'inverse, a jusqu’à maintenant refusé de s'engager sur cette voie. Cela a pour conséquence directe une prévalence alarmante des joueurs à risque, qui est plus élevée que dans le reste de l’Europe (66 % contre seulement 16 % en moyenne), entraînant des coûts sociaux évitables conséquents. Dans ce contexte, l’harmonisation de la réglementation en France avec celle du reste de l’Europe pourrait générer de nombreux bénéfices.
Selon une modélisation proposée par Asterès, en utilisant des sources publiques et des études académiques, une régulation efficace typique des autres pays européens pourrait offrir plusieurs avantages. Premièrement, une meilleure protection des joueurs pourrait réduire le coût social lié à l'addiction aux jeux en ligne illégaux, estimé entre 689 millions et 2,7 milliards d'euros par an. Deuxièmement, une telle régulation des jeux de casinos en ligne pourrait rapporter environ 1,3 milliard d'euros de recettes fiscales et sociales annuelles pour l’Etat. Ces gains seraient non seulement bénéfiques pour l'État et la société en général, mais ils ne nuiraient pas aux activités des casinos physiques ni aux opérateurs historiques, car le marché illégal, déjà mature, ne constitue pas une réelle concurrence pour ces secteurs établis.