- Mis à jour le . 2 min
© BAS CZERWINSKI / ANP MAG / ANP via AFP
Le gouvernement avait initialement proposé de légaliser les casinos en ligne avec un amendement au projet de loi de finances pour 2025. Un amendement retiré face à la levée de boucliers côté opérateurs traditionnels. Mais le débat est loin d’être clos. Les acteurs de l'industrie du jeu, qu'ils soient en ligne ou traditionnels, s'opposent farouchement dans une bataille où chacun défend ses intérêts. Les casinos physiques craignent une baisse significative de leur clientèle, tandis que les plateformes de jeux en ligne estiment que la légalisation pourrait apporter plus de sécurité aux joueurs, en les protégeant des sites non régulés.
Le gouvernement est toujours à la recherche de recettes supplémentaires, et cela pourrait passer par la légalisation des casinos en ligne. Une grande consultation va être lancée cette semaine avec plusieurs acteurs pour en discuter. Aujourd’hui, la France est le seul pays de l’Union européenne, avec Chypre, à ne pas l’autoriser. Pourtant, 3 à 4 millions de Français jouent au casino en ligne sur des plateformes étrangères. Le légaliser, et donc le taxer, permettrait au gouvernement d’augmenter ses rentrées fiscales. Bien que le sujet divise énormément, le potentiel de revenus est difficile à ignorer, surtout dans un contexte économique tendu.
La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
1,3 milliard d’euros de rentrées fiscales chaque année
Le marché des casinos en ligne est devenu aussi important que le marché autorisé, avec 3 à 4 millions de joueurs en France. Autoriser les casinos en ligne serait une source de recettes indéniable pour les finances publiques. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, et selon une étude commandée par l’Association française des jeux en ligne, cela pourrait rapporter 1,3 milliard d’euros chaque année dans les caisses de l’État. Et même beaucoup plus à la société, assure l’économiste Pierre Bentata, auteur de cette étude réalisée par le cabinet Astérès : "En France, l’addiction à la totalité des jeux, ça coûterait entre 2 et 8 milliards d’euros par an. Parmi ces 2 à 8 milliards, il y a une partie non négligeable qui vient des casinos en ligne. Donc, on sait qu’en régulant ça, on pourrait revenir vers un coût social qui est pour faible". En d'autres termes, la légalisation et la régulation des casinos en ligne pourraient non seulement générer des revenus significatifs, mais aussi contribuer à un environnement de jeu plus sûr pour tous.
Craintes des acteurs traditionnels du casino et des maires
Un point de vue loin d’être partagé par la Fédération Addiction, sans compter les réticences des casinos physiques, très inquiets de voir leur activité souffrir de cette légalisation. Tout comme les maires qui accueillent les établissements de jeu sur leur territoire. Ces derniers craignent que la légalisation des jeux en ligne entraîne une érosion de l'attrait de leurs casinos, qui représente une part importante de l'économie locale. La dynamique du marché pourrait changer, et les retombées économiques des casinos physiques seraient également en jeu.
La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
Une crainte légitime, mais pas forcément réaliste, estime Pierre Bentata : "C’est un peu la même chose que lorsque l’ebook est arrivé dans le marché de l’édition : il y a eu une grande peur des libraires qui était qu’il y aurait une baisse de ventes de livres. Et en fait, on s’aperçoit que très souvent ce ne sont pas les mêmes consommateurs. Ici, entre le casino en ligne et le casino physique, il y a finalement le même écart : ce n’est pas la même expérience qu’on recherche." Cela pose des questions sur la coexistence de ces deux formes de jeux et sur l'évolution des préférences des joueurs dans les années à venir.
Autant de réflexions que le ministre des Comptes Publics pourrait reprendre à son compte pour trancher sur l’avenir de ce marché, alors que les enjeux économiques et sociaux continuent de se multiplier sur la table des négociations…
Cet article vous a plu ? Vous aimerez aussi...
Hebdomadaire
Plus d'articles à découvrir