
Classement des casinos en France
1
|
Jusqu'à €450 + 250 Tours Gratuits
Min Dep:
€20
|
2
|
Coffret de bienvenue €450 + 250 Tours Gratuits
Min Dep:
€20
|


Ils sont illégaux et pourtant des millions de Français se laissent tenter, sans forcément se rendre compte des risques encourus en fréquentant ces sites de jeux d'argent. Ces plateformes, en particulier les casinos en ligne, attirent une clientèle toujours grandissante grâce à des offres alléchantes et des promotions attractives. C'est pourquoi une campagne de sensibilisation est lancée ce mardi par l’Autorité Nationale des Jeux, afin de renforcer la prise de conscience sur leur dangerosité.
Publié
Temps de lecture : 6min
Avec 4 millions de joueurs évoluant sur des plateformes non régulées, contre 3,6 millions pour le marché régulé, la situation devient alarmante. C’est la première fois que le marché illégal dépasse le nombre de joueurs légaux depuis l’ouverture du marché en 2010. Il faut rappeler que, depuis cette date, en France, les seuls jeux d’argent en ligne autorisés sont les paris sur les courses hippiques, les paris sportifs, et pour ce qui est des casinos, seul le poker est permis. Tout le reste est strictement interdit.
Mardi 8 octobre, l’Autorité Nationale des Jeux lance ainsi une campagne intitulée "100% gagnant" pour alerter les internautes sur cette dangerosité : pertes significatives d'argent, vol de données personnelles, risques d'addiction... C'est un véritable système mafieux qui se cache derrière ces sites illégaux.
Les joueurs en ligne se tournent principalement vers les sites de casinos. Pour les séduire, les opérateurs n'hésitent pas à déployer les toutes dernières technologies numériques à leur disposition. Par exemple, un "deep fake" impliquant une contrefaçon vidéo d'Alain Delon a circulé peu après son décès en août dernier, où l’on entendait la voix de l’acteur déclarer : "Je vous donnerai 100 000 euros si vous ne gagnez pas dans mon casino en ligne. Chacun pourra gagner 4 000 euros dès le premier jour."
Si l’on fait preuve de discernement, ce "deep fake" peut sembler un peu clownesque. Pourtant, il a été visionné des millions de fois et a probablement incité plusieurs joueurs à visiter ce site fictif de casino en ligne. Il existe en réalité des milliers de sites similaires sur la toile, et cet immense marché illégal engendre de nombreuses victimes. Une croissance exponentielle a été observée, à portée de clic, et il est d'une facilité déconcertante de tomber rapidement accro.
C’est précisément ce qui est arrivé à Idris, un joueur qui a commencé à investir il y a cinq ans : "J'ai débuté en misant 20 euros, puis 30 euros, et petit à petit, j'ai commencé à accroître mes mises", confie-t-il. "Il y avait tant de jeux disponibles, notamment des machines à sous, et j'ai eu quelques gains au départ... mais très vite, cela est devenu un cercle vicieux ; chaque fois que je perdais, je pensais 'Allez, je vais remettre encore un peu'. Au final, j'ai perdu facilement 1 500 euros, et même lorsque je gagnais, je me disais que ce n'était jamais suffisant..."
Aujourd’hui, bien qu’il ne joue plus depuis quatre mois, la tentation est toujours présente pour lui :
"Je suis toujours tenté. Par exemple, hier, quelqu'un en a parlé et j'ai eu envie de placer un petit 30 euros pour jouer à nouveau."
Idris, joueur en ligne
à franceinfo
"Ça va vite", soupire-t-il. J'ai été aspiré". La menace la plus préoccupante réside dans le fait qu'il n'existe aucune protection pour les joueurs contre des situations désastreuses liées au surendettement ou à une addiction. Bien qu'il soit possible de se faire interdire l'accès aux casinos physiques, cette interdiction ne s'applique pas dans le monde virtuel.
Ces sites doivent contourner les lois françaises pour pouvoir fonctionner. Par conséquent, ils peuvent facilement acquérir leurs licences à l'étranger, dans des endroits comme Curaçao, une île des Caraïbes. Certains sites illégaux de casino n'hésitent même pas à utiliser le logo de l’ANJ, l’Autorité Nationale des Jeux, afin de rassurer les joueurs sur la sécurité de ces plateformes.
La France représente un marché extrêmement lucratif, et les cybercriminels se livrent une véritable bataille pour s'approprier leur part. On assiste même à une sorte de "cannibalisme virtuel", où certains sites se nourrissent du travail d'autres, comme l'explique Isabelle Djian, déléguée générale de l’AFJEL, l’Association française du jeu en ligne.
"Il s'agit d'une cybercriminalité qui a parfaitement compris qu'il existe une demande énorme pour les jeux de casino en ligne."
Isabelle Djian, déléguée générale de l’AFJEL
à franceinfo
"Cette demande ne peut pas être satisfaite par le marché régulé, puisque trop de jeux ne sont pas autorisés en France", explique-t-elle. Ainsi, les cybercriminels exploitent les sites illégaux pour aller encore plus loin que ce que font déjà les plateformes illégales." Elle précise également : "Il ne s'agit pas de personnes innocentes", alerte-t-elle, et de nombreuses activités illégales se déroulent en arrière-plan". Isabelle Djian évoque alors des vols de données personnelles, des tentatives de phishing et l'installation de logiciels malveillants. Selon l’AFJEL, l'impact économique de ces sites de jeux en ligne illégaux représente plus d'un milliard d'euros de manque à gagner par an pour l’État.
Pour combattre ce fléau, l'Autorité Nationale des Jeux a déjà bloqué, depuis mars 2022, plus de 2 360 sites, un chiffre qui a doublé par rapport aux dix dernières années. Toutefois, cela reste insuffisant, car une fois bloqués, ces URLs apparaissent de nouveau rapidement. Une liste noire des sites illégaux est accessible sur le site de l'ANJ, qui a également sensibilisé divers intermédiaires comme Google. Twitch, quant à elle, a interdit aux influenceurs de promouvoir des casinos en ligne sur sa plateforme.
Une solution pour réduire l'ampleur de ces réseaux criminels serait d'élargir l'offre légale en révisant la loi de 2010, selon l’AFJEL. Cependant, pour Gaëlle Palermo-Chevillard, du département de lutte contre l’offre illégale au sein de l’ANJ, cela ne représente pas la réponse adéquate : "Chez nos amis portugais, vous avez encore 40 % des joueurs qui fréquentent les sites illégaux, même si les casinos en ligne sont autorisés", note-t-elle.
"La Belgique est un marché particulièrement ouvert, mais parmi les 10 opérateurs les plus populaires, quatre sont illégaux et représentent près de 60 % du trafic, donc la légalisation n’a pas prouvé son efficacité."
Gaëlle Palermo-Chevillard, du département de lutte contre l’offre illégale au sein de l’ANJ
à franceinfo
De plus, l’ANJ est confrontée à un nouveau défi : les Jonums (jeux numériques à objets monétisables) illicites. Ces jeux vidéo permettent aux joueurs d'acheter des objets virtuels, tels que des accessoires, des armes ou des vêtements, en échange d'argent réel. Ces jeux, dits de "Web3", se situent à la frontière de plusieurs domaines : le gaming, le secteur financier et les jeux d'argent. C'est un nouveau visage de l’offre illégale, contre lequel il sera également nécessaire de lutter.